Allégée, admirablement finie et parée d’un impressionnant arsenal technologique, la seconde génération du SUV aux anneaux s’avère surtout bien plus plaisante à conduire.

Au bout de neuf ans de bons et loyaux services, l’Audi Q7 s’est enfin décidé à tirer sa révérence et passer le relais à une nouvelle génération. Si celle-ci débarque avec autant de retard (par rapport aux habitudes du constructeur), c’est parce qu’elle a dû attendre la mise au point d’une nouvelle plateforme. Répondant au nom poétique de “MLB”, elle est appelée à se décliner sur toutes les futures Audi à moteur longitudinal, de l’A4 jusqu’à la grande A8.

L’attente en valait visiblement la peine : inaugurés par le grand SUV aux anneaux, ces dessous lui ont offert une sacrée cure minceur : d’une mouture à l’autre, le Q7 a perdu plus de trois quintaux sur la balance, à motorisation et équipement équivalents. À tel point que dans la version V6 3.0 TDi, la seule proposée sur notre marché, revendique la palme de la légèreté dans son segment.

Des lignes familières

Cet effort d’allègement ne transparaît pas vraiment sur la plastique du Q7. Il a beau être plus court de 4 cm (à 5,05 m), il conserve un physique toujours aussi imposant et une silhouette plutôt massive. On peut sans mal y reconnaître les traits et les proportions de son prédécesseur, à peine affinés par des lignes plus tendues et des volumes plus anguleux. Seule la calandre revisitée, avec son encadrement en aluminium brossé, marque une réelle rupture au niveau du style.

Il en est autrement de l’habitacle. La planche de bord, dessinée à l’horizontale, séduit par sa présentation épurée et une finition irréprochable, comme c’est l’usage chez la marque. Elle impressionne surtout par son attirail de raffinements technologiques. Ainsi, outre le classique écran central, le Q7 se dote du fameux “Virtual Cockpit”, immense écran qui remplace le combiné d’instrumentations derrière le volant. Totalement personnalisable, il donne au conducteur la possibilité d’afficher les informations de son choix (y compris les cartes de navigation) et d’effectuer de multiples réglages. À l’usage, ce dispositif s’avère certes pratique, mais il nécessite un temps d’adaptation pour en saisir la logique de fonctionnement. Plus embêtant : on se retrouve parfois perdu entre les deux écrans et les différentes commandes, hésitant entre la molette rotative, le pavé tactile, les touches sur le volant et celles de la console centrale…

On s’en doute, la liste des équipements est longue comme un jour sans pain, incluant ce qu’on est en droit d’attendre d’un véhicule de ce standing… et à ce niveau de prix. Doté de la finition “S Line”, version intermédiaire parmi les 3 composant la gamme marocaine, notre modèle d’essai embarquait le nécessaire et le superflu. Mais il y a toujours moyen d’améliorer cet ordinaire en faisant son marché dans le catalogue des options.

Profitant de ses dimensions gargantuesques, le Q7 dispose d’une habitabilité en conséquence. Cinq adultes peuvent largement y prendre leurs aises, pendant que leurs bagages seront engloutis dans le coffre au volume géant (890 litres !). Une version 7-places, disponible sur commande, offre deux sièges supplémentaires escamotables dans le plancher du coffre. Mais ’ils offrent un espace plutôt convenable, leur confort reste des plus relatifs.

Un moteur performant…

On le disait, l’importateur local a choisi une unique motorisation pour composer son offre, à savoir le 3.0 l TDi dans sa variante la plus puissante, comptant 272 ch. Pas davantage de choix côté transmission : ce V6 est couplé d’office à une boîte automatique à 8 rapports et envoie ses chevaux aux quatre roues via le système maison “Quattro”.

Bien calé dans le siège conducteur, réglable en tout sens, on trouve facilement la bonne position. Une pichenette sur le bouton de démarrage et le V6 Diesel s’éveille, faisant apprécier sa discrétion même à froid. Après quelques kilomètres avalés à une allure de sénateur, on se décide à ”taper“ plus franchement du pied droit.

La réponse ne se fait pas attendre : la poussée des 600 Nm de couple nous colle aux sièges, pendant que la boîte automatique (une classique, pas une S-Tronic à double embrayage) égrène en douceur ses rapports. Et l’on se surprend à jouer du très suggestif volant à méplat sans grande appréhension. C’est qu’en dépit d’un gabarit assez handicapant lorsqu’il s’agit de trouver une place de parking, un poids hors norme (près de 2,1 tonnes, malgré les kilos perdus) et un centre de gravité haut perché, le châssis se montre d’une belle efficacité. Direction précise, motricité impériale (merci à la transmission intégrale) et mouvements de caisse parfaitement contrôlés : le Q7 se révèle étonnant d’agilité.

… et un châssis efficace

On n’est bien évidemment pas au volant d’une fan de chicanes et d’épingles, mais l’agrément de conduite est réel et les performances tout sauf anodines. Audi annonce un 0 à 100 km/h expédié en 6,3 secondes et une vitesse maximale dépassant les 230 km/h.

On peut également recourir au sélecteur du mode de conduite pour tendre vers un caractère plus ou moins joueur. Agissant sur la direction, les lois d’accélération et de passage des rapports et la fermeté de l’amortissement, le “Select Drive” propose aussi un mode “Off-Road“ qui module la motricité pour s’aventurer hors des sentiers battus.

Et pour ne rien gâcher, l’entrain du Q7 n’est pas obtenu en sacrifiant le confort des passagers. Voyager à bord de ce paquebot roulant est particulièrement agréable, la suspension pneumatique se chargeant d’absorber les inégalités et les ondulations de la chaussée avec un talent rare. Enfin, le bilan à la pompe reste très raisonnable pour un SUV de cette taille et de cette puissance, et en tout cas bien inférieur à celui de la précédente génération. Comptez une moyenne de 9 l/100 km sur un parcours varié, effectué sans trop ménager la mécanique.

Performant et plaisant à conduire, très confortable et bien équipé, le nouveau Q7 détient manifestement les atouts pour replacer Audi sur le segment des grands SUV de luxe et aller défier des références comme le BMW X5 et surtout le Range Rover Sport.

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