Légèrement restylée pour ses 4 ans, la BMW Série 6 reste toujours l’archétype de la grande GT bourgeoise, offrant un cocktail unique de confort et de puissance. Nous l’avons dégustée dans sa version “Topless”, corsée par le V8 de 450 ch.

Lancée en 2011, la BMW Série 6 accuse déjà 4 ans au compteur, sans que son style à la fois dynamique et “classieux” ne prenne la moindre ride. Pas étonnant dès lors qu’en sacrifiant au sacro-saint restylage de mi-carrière, la Bavaroise se soit contentée de menues modifications. Que ce soit pour le coupé, le cabriolet ou le Gran Coupé, il faut un œil expert pour déceler ce qui change. À l’extérieur, on notera la généralisation des phares adaptatifs à diodes LED, des “naseaux” élargis, des bas de caisse et un bouclier avant redessiné… et c’est tout !

Le menu intérieur est à peine plus consistant, avec une instrumentation désormais 100% électronique (qui change en fonction du mode de conduite choisi) et un système d’infodivertissement revisité, offrant notamment de série une connexion à Internet.

La petite cure de rajeunissement s’est également étendue sous le capot, mais n’a concerné que le seul V8  4.4 l essence, qui voit sa puissance grimper de 407 à 450 ch, pour une consommation normalisée qui recule de 10,5 à 8,6 l/100 km.

C’est justement (et logiquement) la motorisation qui était mise à notre disposition à l’occasion de ces essais internationaux au Portugal, au choix sur la déclinaison coupé ou cabriolet. Tant qu’à faire, nous avons opté pour la seconde, histoire de profiter du soleil printanier, et parfois capricieux, de la ville de Lisbonne.
De confort et de vitesse

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Une fois à bord, après avoir suivi le ballet de la capote qui se replie dans son logement, on est en terrain connu. On retrouve en effet cet habitacle accueillant (surtout aux places avant) à la finition impeccable et à la présentation opulente, parée de cuir, de boiseries et d’aluminium. Grâce aux réglages en tout sens du siège et du volant, il est aisé pour le conducteur de trouver la position idoine. Une petite pichenette sur le bouton “Start”, et voici le V8 qui s’ébroue dans une sonorité qu’on aurait aimée un peu plus démonstrative. Le Joystick de la boîte automatique à 8 rapports en position D et le mode de conduite calé sur “Comfort”, nous traversons les artères lisboètes à une allure de sénateur. L’occasion d’apprécier le confort de l’imposant cabriolet (4,90 m de longueur), qui sait rester prévenant pour ses occupants malgré ses jantes de 20 pouces. Le duo moteur-boîte joue la même partition : tout en souplesse, le premier évolue sur un filet de gaz, tandis que la boîte égrène les rapports avec une infinie douceur, sans le moindre à-coup.

Seul bémol : il faut constamment surveiller son pied droit qui frétille d’impatience pour taquiner les 450 canassons. Nous voici enfin engagés sur le réseau autoroutier, manifestement le terrain de prédilection de cette Série 6. Comme un poisson dans l’eau, elle y expédie les dépassements en un clin d’œil avec une stabilité à toute épreuve, même à des vitesses inavouables. Il n’y a que quelques rafales de vent pour calmer nos ardeurs et nous conduire vers un parcours routier au tracé sinueux.

C’est le moment d’enclencher le mode “Sport” pour tester les capacités dynamiques de la diva “Topless”.

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Et là, surprise, l’échappement piloté, désormais livré de série, libère enfin les vocalises du V8, qui se met à chanter de concert avec les montées en régime. Un vrai régal ! Mais à force d’aller chercher les notes aiguës, on se retrouve vite débordé par la puissance de l’engin et sa maniabilité toute relative. Plus que la direction à démultiplication variable, qui nécessite un temps d’adaptation, ce sont les lois de la physique qui reprennent leur droit : suspensions pilotées ou pas, engager prestement le “2 tonnes” bavarois dans une épingle fait aussitôt réagir le contrôle de stabilité, ramenant le conducteur à plus de “zénitude”.

On l’aura compris, cette BMW n’a pas vocation à être pilotée le couteau entre les dents. Elle se veut plutôt une authentique “Gran Turismo”, mêlant confort, comportement dynamique et hautes performances. Comme cocktail enivrant, on a vu moins goûteux !  l