La compacte de BMW s’offre un sérieux restylage, assorti de l’arrivée de nouveaux moteurs. Mais c’est armée de la plus puissante de ses mécaniques, le seul 6-cylindres du segment, que nous avons redécouvert la Bavaroise. Chaud devant !

Spécialiste des liftings discrets, BMW déroge pour une fois à sa tradition en offrant à sa Série 1, lancée en 2011, une mise à jour bien plus ambitieuse. Il fallait bien ça pour contrer la pimpante Mercedes Classe A…

Résultat, la compacte bavaroise change de visage : elle troque ses phares en pointe contre des optiques plus classiques et adopte des naseaux plus larges ainsi qu’un bouclier au dessin simplifié. La voiture y gagne en élégance et s’offre un regard plus aguicheur avec sa signature à LEDs. Même chamboulement à l’arrière où seule la lunette arrière est conservée. Le hayon retravaillé et les feux à LED en forme de “L”, typiques des productions BMW, donnent plus d’assise à la poupe. En un mot comme en mille, cette Série 1 est simplement transfigurée.

La recette du “six-pattes”

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Les modifications sont plus discrètes à l’intérieur. On notera seulement un nouveau revêtement noir laqué sur la console centrale et quelques inserts chromés ici et là. Quelques équipements “up to date” viennent agrémenter cet accastillage, comme le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop&Go, le stationnement semi-automatique ou l’autoradio doté de touches à commandes tactiles.

C’est surtout sous le capot que se niche de l’inédit, avec une nouvelle fournée de moteurs composée des 3-cylindres 1.5 l essence et Diesel, et de 4-cylindres aux puissances revues.
Toutefois, c’est la version la plus sportive du lot qui nous est proposée à l’essai. Nous avons nommé la M135i, membre de la famille “M Performance“, sorte d’antichambre de la famille M. Reconnaissable à son bouclier avant généreusement ajouré, sa double sortie d’échappement et ses étriers de freins bleus, le modèle restylé n’a pas touché à une recette qui fleure bon la BMW d’antan : roues arrière motrices et 6-cylindres en ligne. Ce dernier est toujours le 3.0 l à injection directe et turbo à double entrée, qui a toutefois gagné 6 canassons pour passer à 326 ch.

Un haras conséquent que le conducteur est invité à dompter dans une ambiance idoine : petit volant “M” à jante épaisse et sièges semi-baquets enveloppants, habillés de tissu et d’Alcantara, et offrant des réglages au millimètre. Et plutôt que la boîte automatique à 8 rapports, nous avons fait le choix d’un exemplaire à boîte manuelle, histoire de mieux profiter de cette compacte aux anabolisants.

Performante, mais civilisée
Le bouton “Start” à peine enfoncé que le “six-pattes“ gronde déjà d’une sonorité un peu étouffée, mais bien sympathique, promesse des réjouissances à venir. On trépigne justement d’impatience dans les artères lisboètes, trop encombrées pour faire connaissance avec la bête. L’occasion de jouer du petit levier de vitesses au maniement aussi précis que viril, et de jauger le caractère policé du moteur, capable d’évoluer sur un filet de gaz.

En quittant la capitale portugaise, le trafic s’allège enfin pour autoriser le pied droit à s’alourdir. Le 3.0 l suralimenté fait alors la démonstration de sa première qualité : une fabuleuse santé doublée d’une extraordinaire souplesse. Vigoureux dès les bas régimes, percutant jusqu’à 7 000 tr/min, ce bloc est un véritable antidépresseur sans effets secondaires. Pour autant, ne cherchez pas le coup de pied aux fesses : la poussée, certes impressionnante, reste très progressive et pas brutale pour un sou, bien que l’aiguille du compteur s’envole avec une aisance affolante. Même le joli timbre de voix (ici sans le moindre artifice acoustique) fait plutôt dans les notes feutrées.

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Le comportement routier est pratiquement de la même eau. Malgré sa généreuse cavalerie, la M135i conserve une conduite très accessible : la direction (à pas variable) précise, le train avant incisif et le train arrière d’une stabilité sans faille permettent d’enchaîner les épingles en toute sérénité. Mais de là à s’engager dans une spéciale de rallye, il y a un pas qu’on ne saurait franchir.

Et pour cause, cette Bavaroise privilégie visiblement le confort, remarquable même en mode Sport+, plaçant la suspension pilotée à son réglage le plus ferme. Cette souplesse ne nuit pourtant pas à l’efficacité de l’auto qui enroule les virages
et absorbe les bosses sans se désunir.

On l’aura compris, cette M135i est moins une sportive pur jus qu’une GT au talent exceptionnel. Très performante et si gratifiante à conduire, elle sait toujours rester civilisée, refusant d’assumer l’héritage de feu le Coupé 1M. Pour cela, il faudra attendre l’arrivée de la future M2.