Élégante, habitable et dotée d’un impressionnant arsenal technologique, cette grande Suédoise espère bousculer l’ordre établi dans le segment des grandes berlines premium. 

Deux décennies durant, l’automobile haut de gamme a été pratiquement mise sous coupe réglée par le fameux triumvirat germanique, ne laissant à la concurrence que les miettes d’un marché toujours plus florissant. Mais depuis quelque temps, la résistance s’organise. Alors que Jaguar se lance dans une opération de renouveau sans précédent et que Maserati tente le pari d’une descente en gamme, Volvo revient dans la course sous la houlette sonnante et trébuchante de son propriétaire chinois Geely.

Le constructeur suédois a déjà tiré une première salve avec le récent XC90, grand SUV luxueux et particulièrement abouti qui annonçait des lendemains qui chantent. La S90, récemment commercialisée chez nous, n’en est finalement que la suite logique.

La nouvelle venue pousse à une retraite méritée la S80, grande berline toujours plaisante, mais qui, du haut de ses 10 ans d’âge, supportait mal la comparaison avec des rivales plus jeunes et mieux loties en matière de contenu technologique et d’équipements. Avec sa remplaçante, Volvo s’est donc employé à combler le gap.

Nouvelle identité, nouveau style

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Le premier élément de l’équation est l’utilisation de la nouvelle plateforme modulaire SPA, inaugurée par le XC90. Adaptée au format de berline, elle est habillée d’une carrosserie reflétant la nouvelle identité esthétique du constructeur suédois, portée par le SUV précité et un trio de concepts avant lui. Au programme : une silhouette élancée, des flancs subtilement galbés et une proue affichant le nouveau signe de reconnaissance maison, composé d’une imposante calandre concave et d’optiques traversées par le fameux “marteau de Thor”. Enfin, avec ses blocs de feux en “C”, la poupe apporte une dose d’originalité à un ensemble fort élégant, qui masque habilement une longueur augmentée de 11 cm (par rapport à la S80), frisant désormais les 5 mètres. Soit le gabarit des Mercedes Classe E, BMW Série 5 ou Audi A6 et Jaguar XF, ses rivales désignées. Cette inflation des cotes bénéficie logiquement à l’habita-

bilité, vraiment généreuse, tandis que la capacité du coffre, à 500 litres tout ronds, se situe dans la moyenne haute de la catégorie.

L’aménagement intérieur rappelle quant à lui fortement celui du XC90. C’est en particulier le cas de la planche de bord où trône un immense écran tactile vertical, relayant le système d’infodivertissement. La présentation, relativement épurée et typiquement scandinave, profite également d’une finition impeccable, faite de matériaux valorisants et d’accostages précis. Pas de doute : sur ce plan, la grande berline suédoise mérite largement son positionnement premium.

Bientôt la conduite autonome

Il en est de même sur celui des équipements. La S90 est en effet bardée de technologies de sécurité et de confort comparables à ce qu’on trouve chez Audi, BMW ou Mercedes, benchmarks assumés. Clou du spectacle : le “Pilot Assist”, système de conduite assistée qui flirte avec la conduite automatique… et qu’il pourra d’ailleurs proposer à l’avenir au moyen d’un upgrade logiciel. Pour le moment, il possède, entre autres, la capacité de corriger la trajectoire, de maintenir le véhicule dans sa file et de freiner à la détection de piétons et même d’animaux de grande taille. Quoi de plus normal au pays des élans…

Seule concession faite à la concurrence : le capot n’abritera pas de 6 ou 8-cylindres. Fan de Downsizing, Volvo ne jure plus que par des 4-cylindres qui, grâce à la fée suralimentation, parviennent à couvrir un large spectre de puissances. Ainsi, la mécanique la plus fringante du lot est un “petit” 2.0 l essence, dopé par un turbo et un compresseur et assisté d’un moteur électrique pour avouer une cavalerie de 407 ch !

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L’offre marocaine devra se contenter de chiffres plus modestes, puisque composée exclusivement de Diesels. Il s’agit précisément d’un 2.0 l biturbo disponible en deux déclinaisons de puissance de 190 (D4) et 235 ch (D5). Si les deux sont accolées à une boîte de vitesses automatique à 8 rapports, la seconde y ajoute une transmission intégrale.

Le tarif ? Il semble des plus raisonnables, surtout à l’examen du rapport prix-équipement. Un argument de plus pour la S90, cet outsider venu du froid avec l’ambition de bousculer l’ordre établi.