Plutôt que de transformer son SUV compact à succès, Kia s’est contenté de le peaufiner en bonifiant les fondamentaux de la précédente mouture. Sans réelle surprise, le résultat est toutefois plus convaincant que jamais.

On ne touche pas à une équipe qui gagne, ni a une recette qui marche.  La formule, un peu triturée, devait probablement figurer en bonne place sur le cahier des charges du nouveau Kia Sportage. Et pour cause, loin de renier l’héritage de sa devancière, cette 4e génération s’évertue à le perpétuer, jouant sans ambages la carte de la continuité. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le profil du nouveau venu, qui s’avère plutôt familier : on retrouve en effet la même silhouette un brin massive, cette ceinture de caisse relativement haute et la découpe des vitrages flanquée d’unOn épais montant arrière. C’est plutôt sur la face avant qu’il faudra chercher les différences, avec une nouvelle interprétation de la grille “Tiger Nose”, plus basse et plus imposante, désormais surmontée d’optiques stylisées rappelant vaguement… un Porsche Macan. Enfin, l’arrière se pare des feux courant sur toute la largeur donnant à l’auto une assise plus dynamique. Au final, le SUV coréen semble souscrire aux lois des constructeurs allemands, n’évoluant que par petites retouches.

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Un (peu) plus d’espace
L’aménagement intérieur ne dépaysera pas plus les propriétaires du précédent modèle. L’ambiance est plus ou moins similaire, même si les modifications sont légion. La planche de bord conserve la même architecture, avec son écran tactile central niché entre les aérateurs, mais les plastiques se font plus valorisants. Idem pour la console centrale, légèrement tournée vers le conducteur et habillée ici d’un revêtement noir brillant. L’un dans l’autre, la qualité perçue a progressé, mais pas de façon spectaculaire. Cette 4e mouture du Sportage reconduit la plateforme de la précédente, toutefois dans une version sensiblement retravaillée. Outre des trains roulants remaniés, elle gagne 3 cm en empattement (distance entre les deux essieux)… qu’on ne note pas forcément dans l’habitacle.  Pour autant, à l’avant comme à l’arrière, les passagers disposent d’un espace aux jambes et d’une garde au toit très satisfaisants. Le bilan est tout aussi positif concernant la capacité de chargement, qui a progressé d’une bonne quarantaine de litres (à un volume de 503 litres).

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Une vocation de SUV familial
En attendant l’arrivée programmée du 1.7 l CRDi de 141 ch, la gamme de motorisations est écartelée entre sa variante de 115 ch et le “gros” 2.0 l CRDi de 185 ch, qui équipait justement l’exemplaire essayé. Disponible avec des transmissions à 2 ou 4 roues motrices (nous avons opté pour la première), cette mécanique est exclusivement couplée à une boîte de vitesses automatique. Précision : il ne s’agit pas ici de la récente unité à double embrayage et 7 rapports “DCT7” du groupe Hyundai-Kia, mais de la classique boîte à convertisseur de couple, qui ne compte que 6 rapports.  On s’en doute, avec une telle cavalerie, assez rare sur le segment parmi les marques généralistes, le 2.0 l n’éprouve aucune difficulté à entrainer le SUV coréen. Les performances appartiennent au haut du panier et les relances s’avèrent vigoureuses grâce aux 400 Nm de couple. Pour autant, ne vous attendez pas à un tempérament de feu. Rond mais peu démonstratif, ce moteur est du genre embourgeoisé qui avale sereinement la route sans jamais brusquer le conducteur ni coller son dos au siège. La boîte automatique y est également pour quelque chose, avec un caractère privilégiant la douceur à la réactivité. En toute logique, son appétit s’en ressent, se rapprochant davantage des 9 l/100 km que des 7 l annoncés en cycle normalisé.  En termes de comportement, le Sportage se situe clairement dans la bonne moyenne de la catégorie. En dépit d’un centre de gravité relativement haut perché, les mouvements de caisse en virage sont bien maîtisés et l’amortissement, ferme mais sans excès, ne nuit pas au confort. D’ailleurs, par rapport à la précédente mouture, les progrès sont notables en termes d’insonorisation et d’isolation vibratoire. La priorité accordée au confort aux dépens du dynamisme se confirme sur les routes sinueuses : le SUV coréen dévoile alors une certaine paresse dans les changements d’appui, certainement à cause de la masse du moteur pesant sur le train avant. Il n’y a rien de rédhibitoire en soi : davantage confortable et rassurant que réellement amusant à conduire, le nouveau Sportage ne fait finalement qu’assumer sa vocation de véhicule familial. Son rapport prix-équipement joue également sur la fibre rationnelle. Richement dotée, cette finition “Active” s’affiche à un tarif compétitif (à la lisière des 290 000 DH), sans compter la politique de ”promotions permanentes” suivie par l’importateur. Ou comment opèrer une sensible montée en gamme, sans trop le faire payer à ses clients.