Revendiquant son appartenance à la famille Mégane, la remplaçante de la discrète Fluence rêve d’une meilleure carrière commerciale. Ses atouts : une soute géante, mais aussi une plastique plus séduisante et un comportement routier sans compromis.

Souvent, la greffe d’une malle sur une berline 5-portes a pour conséquence la mise à mal de sa plastique, causée par un disgracieux effet “sac à dos”. Il arrive cependant que les designers aient le coup de crayon plus heureux, réussissant à accoucher d’un profil un tant soit peu équilibré. C’est assurément le cas des ouailles de Laurens Van Den Acker, le patron du style de Renault, qui ont réussi la gageure sur la déclinaison 4-portes de la compacte au Losange. Habillée d’une ligne de toit plongeante, d’une lunette très inclinée et d’un montant arrière creusé d’un coup de gouge, la Mégane Sedan (c’est son nom) parvient à intégrer le coffre rapporté, gommant toute impression de porte-à-faux. Cela a aussi nécessité l’installation de portières et de feux arrière spécifiques, quoique quasi similaires dans leurs formes.  Tout le reste est intégralement repris de la 5-portes, notamment la face avant et son inévitable signature lumineuse en “C”, désormais commune aux produits de la marque. Résultat, avec ses airs de “petite” Talisman, l’ensemble est franchement réussi.

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Séance de stretching
La présentation intérieure n’apporte guère d’inédit. On retrouve telle quelle la planche de bord de la variante 5-portes qui s’équipe, selon les versions, d’une tablette tactile horizontale de 7 pouces ou d’une dalle verticale de 8,7 pouces (optionnelle), permettant de gérer le système d’infodivertissemet R-Link 2. Et qu’il s’agisse de la qualité de la finition ou de la liste des équipements, on est manifestement en territoire connu. Évidemment, l’adjonction d’une malle indépendante s’est accompagnée d’une révision à la hausse des dimensions extérieures, avec un gain de 27 cm en longueur (à 4,63 m) par rapport à la 5-portes. Cette séance de stretching bénéficie d’abord à la capacité de chargement, qui passe de 384 à 550 litres (volume record au sein de la catégorie), mais également à l’habitabilité. En effet, l’empattement étiré de 7 cm a permis de grignoter quelques centimètres supplémentaires (exactement 3,7 cm) au niveau de l’espace aux genoux des passagers arrière. Le chiffre semble certes anecdotique, mais il change beaucoup pour l’aisance de ces derniers. Avec sa banquette plus accueillante et sa soute bien plus logeable, la Mégane Sedan peut légitimement jouer à la familiale.

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Une mégane comme les autres
Alors que la Fluence reprenait le train avant de la Mégane II et un train arrière de Nissan Sentra, cette Mégane “à coffre” reconduit sans changements les dessous techniques et les réglages de la 5-portes. Du coup, elle propose un comportement routier en tout point similaire, avec un compromis bien trouvé entre confort et rigueur. On retrouve ainsi une belle capacité à absorber les irrégularités de la chaussée qui cadre parfaitement avec la vocation d’une telle berline. Mais si elle tient d’abord à choyer ses passagers, elle sait aussi faire montre d’un dynamisme de bon aloi dès que le rythme s’accélère. Sur les routes polonaises, qui n’ont rien d’une table de billard, la Mégane tricorps gardait en effet bonne tenue en toute circonstance, prenant peu de roulis et ne se vautrant jamais dans les virages. Des qualités exploitées au mieux par le 1,6 l dCi de 130 ch, la mécanique la plus puissante proposée sur cette carrosserie. Plutôt discrète, performante et d’une souplesse très appréciable, elle ajoute à son agrément un appétit contenu. Au final, la greffe du coffre ne se ressent guère au volant, pas plus que les centimètres et les quelques kilos supplémentaires. D’ailleurs, comme nous avons pu le constater, l’indéboulonnable 1,5 l dCi de 110 ch est déjà amplement suffisant pour emmener cette berline. Certes avec moins de brio, mais avec une botte secrète dont ne peut se prévaloir le 1.6 dCi : la boîte auto à double embrayage EDC dont il a pour l’instant l’exclusivité.

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Sachez enfin que la déclinaison 90 ch du même bloc ferme par le bas l’offre de motorisations, histoire de proposer un prix d’attaque relativement modeste et des performances qui le sont tout autant. Joliment dessinée, accueillante et plus logeable, la nouvelle Mégane Sedan n’aura aucun mal à faire oublier la terne Fluence. Elle devra toutefois croiser le fer avec des rivales bien installées, notamment la Toyota Corolla (récemment restylée), toujours numéro un d’un segment certes en relative perte de vitesse sur notre marché.