Le premier SUV Alfa entend rivaliser avec la crème des 4×4 premium. Dans les hauteurs de Alpes suisses, nous avons mis à l’épreuve son crédo : la sportivité.

Pour le profane, le patronyme du premier SUV d’Alfa Romeo peut sembler étrange. Un petit tour sur Google dissipe le trouble : Stelvio, c’est le nom du plus haut col des Alpes italiennes et de la route qui le gravit via 75 virages en épingle, parcours que l’amateur de sensations fortes motorisées voit comme le fantasme ultime. Récapitulons : de la hauteur, des virages et des sensations. C’est, résumé en trois mots, l’esprit du dernier-né de la maison d’Arrese, un SUV qui entend combiner les qualités d’accueil et de polyvalence des engins hauts sur pattes avec la sportivité et le plaisir de conduite des modèles frappés du Biscione. Quant à ceux qui s’étranglent en découvrant une Alfa surélevée, on leur rappellera que le constructeur avait exploré cette voie il y a 14 ans, avec un concept de 4×4 nommé Kamal. On pourrait aussi leur expliquer que celui-ci ne pouvait faire l’impasse sur un segment en plein boom, à même de garantir sa survie et sa prospérité future. Reste à savoir si le nouveau venu est digne de l’ADN d’Alfa Romeo, et s’il est la hauteur de son ambition : devenir une références dans le club encombré des SUV familiaux premium. Cette première rencontre, qui a eu pour cadre les Alpes italo-suisses et le voisinage… du col de Stelvio, nous a fourni des éléments de réponse.

Un SUV des plus séduisants

Pour développer le Stelvio, Alfa Romeo n’est pas parti d’une feuille blanche. Il partage en effet la plateforme de la Giulia, dont les qualités routières  font l’unanimité. Il s’en inspire aussi sur le plan du style, reprenant l’imposante face avant avec sa fameuse calandre en V encadrée d’optiques plus éffilées. Le reste de la silhouette montre un bel équilibre entre élégance et dynamisme, sans faire dans le consensuel. Bref, le Stelvio est sans doute l’un des SUV les plus séduisants du marché. À l’intérieur, on est en territoire connu. Planche de bord et mobilier proviennent en grande partie de la Giulia, avec une présentation plutôt cossue et une finition très correcte, sans toutefois rivaliser avec les références allemandes en la matière. Dépassant la berline de 5 cm en longueur, le Stelvio est surtout plus haut de 24 cm, dont 7 cm pour la seule augmentation de la garde au sol. Cela lui permet de ménager un peu plus d’espace pour les passagers arrière, proposant du coup une habitabilité très convenable. Et à 525 litres, le volume de coffre est dans la moyenne de la catégorie.

Un Giulia haute sur pattes ?

Vient enfin le moment de prendre le volant. En attendant la sortie de la version Quadrifoglio et de son V6 Biturbo de 510 ch, nous optons pour le 2.0 l turbo essence de 280 ch. Problème : le début du parcours nous emmène vers le col de Bernina, où la route se couvre de neige. Impossible alors d’éprouver le caractère sportif du Stelvio, mais c’est l’occasion de tester sa transmission intégrale. Privilégiant un caractère de propulsion, elle donne priorité au train arrière, le couple n’étant renvoyé vers les roues avant qu’en cas de besoin. Résultat, le SUV italien nous gratifie de jolies dérives, qui restent cependant aussi prévisibles que faciles à contrôler, la gestion de la transmission portant rapidement la motricité sur le train avant. Après la promenade enneigée, nous arrivons sur la section où le soleil a fini par déblayer le bitume. Tout à notre plaisir, nous enchaînons les virages avec bonheur, profitant de la direction très directe et d’une inertie quasi-absente, en grande partie grâce à un poids maitrisé (1 660 kg). On retrouve l’agilité et le comportement enjoué de la Giulia : le Stelvio obéit au doigt et à l’œil, saute de virage en courbe sans jamais se désunir, insensible aux irrégularités du sol. Seul bémol : le confort moins  ouaté, dû autant aux tarages de suspensions plus fermes (pour composer avec le centre de gravité plus haut) qu’aux jantes de 20 pouces équipant notre modèle d’essai. Vigoureux, le 2.0 l offre des relances conformes à sa puissance, mais son caractère linéaire et un peu trop policé peut décevoir. On l’aurait aimé plus extraverti et plus rageur. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de passer en mode Sport de l’excellence boîte auto à 8 rapports et jouer de ses palettes au volant pour s’injecter une dose d’adrénaline.

Comme nous l’espérions, pour SUV qu’il est, le Stelvio s’est révélé comme une vraie Alfa Romeo, avec laquelle la concurrence va devoir compter. Le Cuore Sportivo n’a pas fini de battre…