D’ici 2022, Somaca, l’unité d’assemblage casablancaise du groupe Renault, multipliera par deux sa capacité de production. Objectif : suivre la croissance attendue de ses marchés à l’export.

Il fut un temps où l’on s’interrogeait sur la viabilité de la Somaca au sein du dispositif industriel du groupe Renault Maroc : faisant a priori doublon avec l’usine Renault-Nissan de Tanger, l’unité d’assemblage casablancaise ne pouvait rivaliser avec cette dernière en matière de capacité, de productivité ou de valeur ajoutée. Aujourd’hui, ce temps-là semble bien lointain : non seulement la Somaca a survécu, mais elle n’a en plus cessé, au fil des années, de moderniser ses installations et d’augmenter ses volumes de production, qui ont approché les 76 000 véhicules en 2017.
L’origine de ce petit miracle : l’éligibilité des produits de Somaca (des Logan et Sandero badgés Renault) aux dispositions de l’Accord d’Agadir, qui institue une zone de libre-échange entre le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie. Une caractéristique dont ne peut se prévaloir l’usine de Renault-Nissan de Tanger qui, sise dans une Zone franche, est considérée dans le cadre de cet Accord comme un site de production extérieur au territoire marocain.
C’est à l’aune de cette particularité qu’il faut lire la décision prise par le constructeur français, et annoncée par son Président Carlos Ghosn lors de sa récente visite au Maroc, de doubler la capacité de production de Somaca. Ainsi, l’usine d’assemblage casablancaise portera sa capacité de production de 80 000 véhicules actuellement à 160 000 véhicules à l’horizon 2022. On peut aisément y voir la volonté du groupe Renault de faire de Somaca sa base arrière pour renforcer ses positions sur des marchés du pourtour méditerranéen (notamment le marché égyptien), qui sont en train de reprendre le chemin de la croissance.