Après 25 ans de carrière, la saga de la Fiat Punto est arrivée… à son point final. Retour sur l’histoire d’un modèle qui a marqué l’histoire du constructeur italien.

En matière automobile comme en toute chose, il arrive que l’histoire bégaie. Frôlant la faillite au début des années 1980, Fiat ne dut son salut qu’au succès de la Uno et ses 6,3 millions d’exemplaires vendus en 10 ans. Dévoilée le 31 août 1993 par Gianni Agnelli himself, sa remplaçante est investie d’une mission similaire : redonner du lustre au constructeur italien, dont la santé financière est à nouveau vacillante.
Produit de reconquête, la Punto n’a rien de révolutionnaire. Elle met cependant toutes les chances de son côté avec une habitabilité généreuse, une gamme de moteurs étendue et un équipement complet pour l’époque, ainsi qu’un joli minois crayonné par Giugiaro. Et ça marche ! Élue Voiture de l’année 1995, l’Italienne voit ses ventes exploser, au point de talonner ceux de la Volkswagen Golf, best-seller européen qu’elle détrône même en 1997. Mais dès l’année suivante, la courbe s’inverse sous les assauts de nouvelles rivales comme la Peugeot 206, la Renault Clio II et la Ford Fiesta. Et malgré un léger restylage, la Punto a une fin de carrière difficile, hâtant l’arrivée d’une nouvelle génération.

Sous le signe de l’originalité
Celle-ci débarque durant l’été 1999, à l’occasion du centenaire de Fiat. Si elle opte pour une plastique assez originale, avec des lignes anguleuses et une version 3-portes à l’identité ouvertement sportive, elle n’en oublie pas les fondamentaux de sa devancière. Spacieuse, relativement cossue, elle introduit quelques nouveaux équipements, mais se contente de mettre à jour ses moteurs. Le succès est au rendez-vous, sans toutefois égaler celui de la première mouture. Un profond lifting lui est administré en 2003 pour relancer des ventes déclinantes, mais encore une fois, la Fiat est bousculée par la concurrence française et allemande qui truste les premières places.
Lorsque sa production s’arrête définitivement en 2012, la Punto II (devenue Punto Classic) n’était plus qu’un modèle d’accès, suppléant sa remplaçante née en 2005 et baptisée Grande Punto. Et pour cause, la nouvelle venue, longue de 4,03 m, est la plus imposante du segment. Son habitabilité, sa finition en net progrès et son style très réussi lui garantissent un beau succès, obligeant Fiat à hausser les cadences de production et à libérer de la place dans des sites où son assemblage n’était pas prévu.

Jusqu’à 13 ans d’âge !
Fin 2009, l’offre s’enrichit de la Punto Evo, une version positionnée un cran plus haut. Au menu : une finition léchée, équipement enri
chi, motorisations plus modernes… et un look alourdi par d’imposants boucliers. Le résultat est assez mitigé, puisque 3 ans plus tard, un nouveau lifting simplifie le look (et la gamme) de la citadine italienne qui accuse le poids des ans. Face à des rivales plus jeunes, elle ne peut plus avancer que des prix très compétitifs, en attendant une relève… qui n’arrivera jamais.
En effet, le 27 juillet dernier, après 13 ans de carrière, Fiat annonçait l’arrêt de production de la Punto III, qui n’aura pas de descendance directe. Préférant la remplacer par un futur mini-SUV, Sergio Marchionne, défunt patron du groupe FCA, avait décidé de mettre un point final à cette saga de 25 ans, 3 générations et plus de 9 millions d’exemplaires produits.