Édité pour la première fois en 1964, le Calendrier Pirelli a connu une grande évolution au fil des années. De simple objet publicitaire constellé de photos de charme, il s’est mué en document collector, distribué (et non commercialisé) à quelques milliers de happy few dans le monde, et portant les clichés d’une multitude de célébrités signés par les photographes les plus illustres. Mieux, depuis quelques éditions, un discours politique s’y est même frayé un chemin. Ainsi, les éditions 2016 et 2017 du Calendrier Pirelli, réalisées respectivement par Annie Leibovitz et Peter Lindbergh, tenaient un discours ouvertement féministe, tandis le cru 2018, commis par le Britannique Tim Walker, conviait exclusivement des modèles à la peau noire.
L’édition 2019, la 46e du nom, a été confiée par le manufacturier italien au photographe écossais Albert Watson. Et elle ne déroge pas à la règle en mêlant art, glamour et sous-entendu féministe. Comptant une quarantaine de clichés, en noir et blanc ou en couleurs, le calendrier Pirelli 2019 met en scène quatre femmes célèbres issues de différentes disciplines artistiques ou médiatiques : le mannequin et actrice Laetitia Casta, l’actrice Julia Garner, le top model Gigi Hadid et la danseuse Misty Copeland. Watson a voulu composer cet ensemble comme un hommage au cinéma, imaginant un scénario pour ses modèles. Ainsi, chacune de ces femmes campe un rôle spécifique, décliné au fil des photos : Laetitia Casta est devenue une artiste-peintre, Julia Garner joue celui d’une photographe, Gigi Hadid s’est transformée en femme d’affaires, alors que Misty Copeland… a conservé son propre statut de danseuse. Pour Pirelli, cette édition du “Cal” est une façon élégante et arty de rendre hommage à toutes les femmes, mettant en avant leur talent, leur ambition et la volonté de prendre leur destin en main. Pour les amateurs de photos d’art, il s’agit surtout d’une belle compilation d’oeuvres qui vient s’ajouter à la longue saga du Calendrier Pirelli.