Double vainqueur des 24 Heures du Mans, trois fois Champion du monde d’endurance et recordman du tour du Nürburgring, Timo Bernhard, pilote attitré de Porsche, est un homme pressé. Nous avons quand même réussi à l’attraper entre deux tours de circuit pour un entretien express.

LaRevueAuto.ma : De tous les titres que vous avez remportés, lequel a été le plus important pour vous ?
Timo Bernhard : Pour être honnête, tous les titres que j’ai pu obtenir ont été importants, parce qu’ils m’ont conduit vers une marche supérieure dans ma carrière. Mais si je dois choisir, ce serait la victoire aux 24 Heures du Mans avec Porsche en 2017. Le Mans est une course tellement spéciale que pour un pilote, être sur la grille de départ est déjà une consécration. Et parvenir à y gagner est quelque chose de simplement fantastique. La première victoire avec Audi en 2010 était évidemment un grand événement dans ma vie et dans ma carrière. Mais remporter une seconde victoire avec Porsche a été encore plus intense, une sensation unique. Gagner une deuxième fois au Mans était un rêve, le faire avec ce constructeur était pour moi une ambition claire pratiquement depuis mon enfance.

Quelles sont d’après les qualités requises chez un pilote en Endurance ?
Je crois qu’il faut combiner plusieurs talents. Dans le passé, on pensait qu’en endurance, le plus important était d’être fiable et régulier, et que la vitesse était presque secondaire. Cela a changé depuis ces 20 dernières années. Désormais, il faut aussi être rapide et savoir surtout travailler en équipe. C’est probablement cette dernière exigence qui distingue le plus l’endurance des autres disciplines. Parce que nous devons non seulement travailler avec le team, mais aussi collaborer et échanger des informations avec les autres pilotes, chose qui n’est pas très naturelle pour un pilote automobile.

Vous n’avez jamais été tenté par d’autres disciplines dans le sport automobile ?
Pas vraiment. J’ai eu quelques offres pour aller en DTM, par exemple, ou d’autres compétitions en tourisme. Mais je préfère rester en endurance, où je suis totalement épanoui. Certes, pour tout jeune pilote, la Formule 1 est forcément l’objectif ultime. Mais j’ai eu une carrière assez courte en monoplace et je n’ai jamais pu disposer du budget pour financer une présence en Formule 1.

Et si ce n’était pas celui de pilote automobile, quel métier auriez-vous choisi ?
Je n’en ai aucune idée. Si je n’avais pas fait carrière en tant que pilote, j’aurais certainement choisi un autre parcours dans le sport automobile. Cet univers est pour moi une vraie passion, pas une simple profession. J’ai aujourd’hui mon propre team, et je m’aperçois que sa gestion est un travail très différent. J’apprends beaucoup en étant dans les coulisses, en découvrant ce qui se passe de l’autre côté de la barrière. C’est peut-être le chemin que je vais suivre quand j’arrêterai de piloter, le plus tard possible. Car tant que je serai compétitif, je continuerai à courir.